[ÉTUDE] Quelle est la ville la plus sportive de France?

Etude santé et perte de poids du site Info-Pharma.org: quelle est la ville la plus sportive?
Il y a quelques mois, nous vous présentions une infographie sur les dangers des sodas. L’idée était de mettre en perspective une consommation même anodine mais régulière des boissons gazeuses et sucrées et les conséquences néfastes que celles ci avaient sur notre corps.

Alimentation saine et sport régulier: le secret pour rester mince! Outre les conséquences bien connues pouvant mener à l’obésité (et les difficultés pour ensuite perdre du poids), boire des jus de fruits ou des sodas est lié à l’apparition des maladies cardio-vasculaires, de troubles respiratoires, mais aussi d’affections moins connues sur le système reproducteur, le système nerveux, et les os, sans parler des éléments chimiques controversés.

Mais être en bonne santé va bien plus loin que d’éviter la mal bouffe, boissons sucrées, aliments riches et hypocaloriques en tout genre.

Cela va de paire avec une vie active, des exercices physiques réguliers, bref un mode de vie sain où le mot “bouger” fait partie intégrante des habitudes quotidiennes. Des choix positifs dans une vie équilibrée alimentairement et saine dans ses comportements, voilà de quoi avoir toutes les cartes en main pour aborder une vie en pleine santé..

1. L’activité physique: un facteur essentiel pour le bien-être.

A ce titre et puisqu’il ne s’agit pas seulement d’éviter la malbouffe, nous nous sommes penchés sur la capacité à éviter de prendre du poids et à rester en bonne santé en prenant le problème dans l’autre sens: si dans leur vie quotidienne, les individus disposent des infrastructures sportives nécessaires et immédiatement disponibles pour pratiquer une activité sportive régulière, alors leur propension à rester mince et en bonne santé est de fait augmentée.

Il faut faire 30 minutes de sport par jour pour rester mince!Or, on entend souvent les gens se plaindre de leur manque de temps, de leur flemme ou fatigue après une journée éreintante de travail, mais surtout de l’éloignement de infrastructures de fitness qui leur font perdre du temps.

Autant de facteurs qui démotivent et éloignent les personnes de la possibilité de pratiquer une activité physique et d’être “healthy” dans leur quotidien.

Ainsi, on émet l’hypothèse que si dans une ville il existe suffisamment de services de fitness et d’équipements sportifs quasi immédiatement accessibles aux individus, alors ceux-ci devraient logiquement pouvoir les utiliser davantage, et donc rester mince. Autrement dit, si une ville est healthy, alors ses habitants le sont également.

C’est la raison pour laquelle dans cette étude, nous avons décider de mettre en avant la capacité qu’offrent les villes à rendre disponibles des équipements sportifs, faire la lumière sur les villes qui permettent le plus facilement de rester actif en favorisant l’accès à des infrastructures sportives et des services fitness, bref à démontrer la disponibilité des aménagements sportifs de base permettant de rester en bonne santé physique.

Pour rester mince, le sport est aussi important que l'alimentation!A travers cette étude, il sera intéressant de mettre en avant des têtes d’affiche au niveau des villes ainsi que des tendances régionales, pour à la fin voir si certaines villes se détachent par leur aspect healthy, en déterminer les raisons, et élire une ville la plus sportive de France.

La question que l’on pourra se poser in fine est de voir si il existe une corrélation entre taux d’obésité et accès aux équipements sportifs par ville.

Bien sûr, être une ville healthy ne passe pas uniquement par ses équipements, mais aussi par des campagnes publiques actives de promotion et de communication sur l’importance de bouger.

Les slogans “Objectif 10.000 pas par jour”, la mise à disposition de vélo en libre service, l’organisation de Marathon ou d’autres évènements sportifs, et des combinaisons de facteurs comme la présence de médecins, permettent d’accompagner dans sa globalité le quotidien des individus vers leur objectif de vie saine.

Quelle dose d’activité physique par jour est recommandée ?

Dans son Programme National Nutrition Santé, le ministère de la Santé recommande ni plus ni moins une activité sportive à hauteur de 30 minutes par jour. La forme que doit prendre cette pratique d’exercice varie quant à elle : marche, course, vélo, à chacun son rythme et à chacun son sport.

Cette activité positive ne doit pas nécessairement être intense, mais modérée et surtout régulière. C’est en effet la régularité qui permet sur le long terme, de rester en bonne santé, notamment en permettant aux fonctions cardiaques, respiratoires et pulmonaires, de “s’entraîner” et de rester actives.

Or la régularité, c’est justement là où le bât blesse. D’après un sondage BVA de 2015, si 59% des français aiment faire du sport, ils ne sont cependant que 20 % à le pratiquer régulièrement. Et cela notamment par manque de temps d’après 29% des français. Enfin, 68% des français sont prêts à changer de comportement et à faire plus de sport.

Or, avec ces éléments, si une ville leur en offre les moyens via un maillage de centres sportifs abondants, alors on peut émettre l’hypothèse que ces français seraient plus “healthy” si leur ville l’était.

Le boom du fitness en France

Le boom du fitness et du running français est une bonne nouvelleLe paysage du fitness Français a été bouleversé en deux décennies, avec l’apparition progressive de centres sportifs et des clubs de fitness qui ont fleuri un peu partout en France depuis les années 2000. Leur croissance a été exponentielle à partir de 2010 avec pour la première fois, des chaînes de franchises venant apporter un nouveau concept basé sur un modèle économique différent : le low cost.

Avant ce développement tous azimut, on peut parler d’un accès réservé à deux types de population. D’une part une élite avec un revenu élevé avait accès à des clubs sportifs privés et très chers. D’autre part, les sportifs professionnels avaient accès à leur salle habituelle avec quelques connaisseurs et amateurs aguerris, ou faisaient face à des salles publiques peu bondées.

Si l’accès à des services sportifs était donc limité en nombre et en coût, aujourd’hui, de nombreux centres sportifs existent avec pour conséquence une concurrence et une baisse des prix drastique. Avec des tarifs beaucoup plus accessibles pour une large frange de la population, allant des étudiants aux personnes à faibles revenus, on peut parler d’un boom de la fitness.

Aujourd’hui, un accès en club peur descendre jusqu’à 15 euros, avec pour conséquence une plus grande présence de ces infrastructures privées ou publiques et un large choix dans les services sportifs offerts.

Ce boom de l’offre sportive est dû à deux aspects, un d’ordre de santé publique d’abord, qui se combine à un autre d’ordre sociétal, et dont il a été aussi le moteur :

  • De l’argent public investi en campagnes de communication contre l’obésité  s’est accompagné en développement d’infrastructures. Ce sont les fameux slogans “manger-bouger” ou “manger 5 fruits et légumes par jour”, “objectif 10.000 pas par jour”, l’ajout obligatoire des mentions “pratiquer une activité sportive régulière”. Ces changements de paradigmes ont eu pour effet une prise de conscience collective sur l’importance de l’activité sportive dans son quotidien, sans doute liée au coût élevé de la prise en charge de l’obésité et de ses traitements pour la sécurité sociale, entre autre.  
  • Une mode, le développement d’un marketing du healthy, venue entre autre de l’industrie du “show biz”, a peu à peu intégré toutes les couches sociales. Difficile d’ignorer le succès du running, qui a bénéficié d’une médiatisation et d’un soutien actif de la technologie avec les objets connectés et des applications pour mesurer sa performance et se comparer aux autres, autant de leviers incitant à faire du sport. De fait, une offre privée s’est saisi de l’opportunité en contribuant au développement de clubs sportifs et de fitness.

Cet investissement a porté ses fruits puisqu’il existe aujourd’hui deux fois plus de centres sportifs que dans les années 2000 avec une possibilité plus grande et une accessibilité accrue pour des personnes de pratiquer une activité sportive.

2. L’étude: quelle est la ville la plus sportive de France?

Les big7 sont les salles de sports les plus répandues en FranceLes éléments pris en compte dans notre étude pour déterminer notre capital sportif sont les suivants:

1 – Les plus grosses chaînes de clubs de sport.

C’est en effet un élément clé pour répondre à notre question. Pour déterminer quelles chaînes sont les plus populaires, nous nous sommes fondés sur des données en termes de nombres d’inscrits, de leur présence sur le territoire français, et le nombre de branches.

2 – Les franchises locales et plus petites infrastructures indépendantes.

A côté des grosses chaînes ayant pignon sur rue, il ne faut pas oublier les franchises indépendantes et les structures locales dans les villes moyennes notamment, mais aussi les plus grandes villes. Pour en faire l’inventaire, nous avons utiliser les sites des chaînes et la plateforme masalledesport qui répertorie les centres de fitness et de sport de manière la plus exhaustive, bien que cette source ne soit pas complète.

Ce site a au moins le mérite d’être une base de donnée dans laquelle des centaines de franchises et de centres indépendants viennent se répertorier, permettant aux individus de s’y inscrire et de connaître le centre de fitness le plus proche de chez eux. Nous avons inclus les centres présents dans un rayon de 3 kilomètres afin de rendre une vision plus réelle, les individus ne se cantonnant pas stricto sensu à la limite légale de leur commune. 

3 – Centres sportifs, de loisirs, et piscines publics.

A côté des clubs privés, franchisés et indépendants, il est tout aussi fondamental de se pencher sur les infrastructures publiques. Elles sont l’assurance d’un véritable accès garanti à toutes les catégories sociales en matière de sport.

les centres sportifs disposent de tous les équipement pour perdre du poidsPour cela, nous avons parcouru les informations des municipalités et arrondissements des grandes villes pour déterminer le nombre de piscines, de centres sportifs et de loisirs. Pour conserver une vision la plus proche de la réalité englobant le plus de personnes, ces données excluent les salles spécialisées dans un sport particulier, les stades d’athlétisme, les golf clubs ou courts de tennis, qui sont souvent plus chers et à destination d’une audience plus restreinte.

Cela est aussi dû à la situation géographique de certaines villes qui les discriminent ou les avantages par rapport aux autres (sur un littoral, à la montagne..), créant ainsi des biais dans l’analyse. Ainsi, en ne choisissant de ne retenir que les complexes multisports, les gymnases et piscines où la possibilité de pratiquer divers sports est garantie, nous voulons intégrer de manière la plus large toute la population.

A noter que la colonne “piscines publiques” ne regroupe que les piscines autonomes, c’est à dire non associées à un complexe ou centre sportif. Ces dernières, puisqu’on les retrouve souvent dans des complexes plus généraux,  ne sont pas comptabilisées dans la catégorie “piscines publiques”.

Les résultats obtenus

Les résultats sont donnés par catégorie d’infrastructures, en termes de nombre de salles de sport pour 100,000 habitants et inversement dans l’infographie, en termes de nombre d’habitants par salle de sport.

La concentration des “Big 7”

Résultats de l'étude sur les big 7, quelle est la ville la plus sportive?

  • Sans surprise, Paris pointe en tête de ce classement des grosses chaînes de clubs de sport. Ce tableau à l’intérêt de mettre en avant une présence quasi exclusive et écrasante des Big 7 à Paris (et en région parisienne dans une moindre mesure) au détriment des villes de régions et de province.
  • Le podium est complété par Le Mans et Nantes. La présence du Mans est assez étonnante du point de vue du nombre de sa population comparativement à Paris (7,5 fois plus grande). Cette présence peut s’interpréter comme un indice d’un fort capital sportif de la ville.
  • A l’inverse, la présence de Marseille au bas du podium (sans compter les villes où elles sont complètement absentes) montrent que cette grande ville est délaissée par les mastodontes du sport, pour des raisons qui tiennent potentiellement à un revenu par habitant plus faible comparativement aux autres villes du classement.

On explique en effet cette sur représentation parisienne du fait d’un PIB par habitant élevé à Paris, avec une part importante de travailleurs pressés aux hauts revenus et très consommateurs de ce type d’offre. En effet, ces clubs de sport privés affichent des tarifs bien plus élevés que les autres types de structures, en misant sur un coté qualitatif, “trendy” et en tentant d’apporter une dimension d’appartenance à une communauté de cadres dynamiques s’adonnant à la pratique de la fitness. 

Ce n’est donc pas un hasard si ces clubs sont souvent situés dans des zones au loyer élevé, que ce soit au milieu de centres d’affaires ou de quartiers huppés. De plus, on émet l’hypothèse que ces clubs misent sur une zone de chalandise allant au delà de Paris, dans le but de capter les travailleurs venant des banlieues proches pour travailler sur la capitale. Le marché des clubs de sports privés est donc très compétitif dans cette zone.

classement des villes françaises les plus sportives par big7

La concentration des franchises et centres indépendants

Le tableau des résultats des villes sportives par franchises et centres indépendants

  • Bordeaux arrive en tête de ce classement important dans la mesure où il trace l’ancrage régional des réseaux de remise en forme franchisés et des salles indépendantes qui ont décidé de s’installer dans une ville spécifique. Ce classement démontre une volonté territoriale de fournir un service fitness de proximité afin de répondre à une demande sportive locale. Également cela traduit une réalité du terrain là où à l’inverse les Big 7 traduisaient une opportunité financière liée à un marketing de la fitness.

    • Ainsi à Bordeaux, il y a en moyenne 25 salles de sport pour 100,000 habitants. Cela est très élevé compte tenu de sa petite superficie comparativement à d’autres villes, et du nombre de sa population. Dans le trio de tête on retrouve aussi de nouvelles villes qui n’étaient pas présentes dans le classement précédent comme Grenoble et Nîmes. Ainsi ce trio prouve que les franchises et centres indépendants ont établi une présence régionale sur tout le territoire.
  • Le milieu du classement est aussi intéressant. L’indice per capita de Nantes, Toulon, Lyon, Toulouse et Le Mans est très proche (1,5 point séparent les villes les plus éloignées), alors que la population de ces villes est variable (500,000 habitants d’écart entre les deux extrêmes). Dans ces villes au profil très différents en termes de situation géographique et de population, il y a une salle pour 7000 personnes en moyenne. Rapproché pour 100,000 habitants, le résultat donne 14 salles accessibles.
  • Le bas du classement est occupé par Paris et Marseille, les deux plus grosses villes du pays, et plus étonnement par une ville de petite taille comme Le Havre dont la population est très proche de celle de Grenoble, première du classement. Par effet de contraste, il y au Havre 6,4 salles seulement pour 100,000 habitants. Or ce chiffre est assez éloigné de celui de Paris qui offre 8,5 salles pour 100,000 habitants, alors que sa population est 13 fois plus élevée que celle du Havre.

Podium du classement des ville fitness par centres sportifs franchisés et indépendants

Face à l’absence d’autres répertoires, il existe un biais méthodologique qui tient à l’utilisation de l’annuaire masalledesport.com (ayant le répertoire le plus important du web francophone) comme source complémentaire aux informations trouvées directement sur les sites internet des indépendants et franchisés.

Or, les résultats générés par la recherche effectuée sur ce site peuvent être incomplets. Par exemple, Le Mans affiche un résultat nul dans la catégorie des salles d’aquagym et piscines privées, mais cela est sans doute faux. Par hypothèse, l’indice de cette ville pourrait donc être encore plus grand.

La concentration des centres publics

Résultats de l'étude sur les centres sportifs publics, quelle est la ville la plus sportive?

  • Ce classement est dominé par Reims, qui semble bénéficier d’un soutien communal de taille lui permettant de rendre disponible 26,5 salles de sport pour 100,000 habitants. Cela contraste avec sa faible position dans le précédent classement des franchises et clubs indépendants, dont la faible présence peut s’expliquer par le fait que l’offre publique est suffisamment abondante pour détourner les structures privées et franchises de s’y installer.
  • A l’inverse la capitale touche le fond du classement, avec ses 6,9 salles de sport publiques pour 100,000 habitants. Cela est très étonnant pour une ville de cette envergure qui dispose d’un budget conséquent en la matière et qui semble pourtant favoriser le sport dans ces campagnes de communication. La présence écrasante des Big 7 compense là aussi ce faible dispositif public, sans doute que les parisiens les délaissent aux profits de clubs privés à membres plus « select » et répondant davantage à des besoins spécifiques.
  • Le Havre se démarque enfin en arrivant 4e de ce classement, là où elle était dernière dans celui des salles franchisées et indépendantes. Même constat d’amélioration pour Saint Etienne qui se situe dans la première moitié du classement. A Saint-Etienne, 4,300 personnes ont donc accès à une salle de sport.
  • A l‘inverse, Bordeaux est pour la première fois un peu plus mal classée, puisque 7,613 habitants doivent se partager une salle de sport. C’est deux fois plus que pour Reims. Nîmes dégringole elle aussi au classement : ces communes souffrent d’une relégation du point de vue du maillage territorial public
  • Finalement dans ce classement, on remarque que les logiques sont bousculées, et que la règle soit à l’antagonisme entre les deux classements. Angers , Grenoble et Montpellier, sans exceller mais les seules bien placées dans les deux classements, font exception à cette règle et la confirment : elles semblent être un exemple de dosage équilibré entre offre publique et offre privée. La question est de savoir si cette logique antagoniste est l’expression d’un soutien communal dont bénéficieraient les villes ou d’une politique publique particulière visant à capitaliser sur les équipements sportifs publics face à une absence d’offre privée.

classement des villes françaises les plus sportives par centres publics

Le podium final : qui est la ville la plus sportive ?

Classement général de l'étude pour la perte de poids: quelle ville est la plus sportive?

  • Angers domine ce classement final en garantissant un service fitness à hauteur de 43,3 salles de sport pour 100,000 habitants. Elle est donc la ville la plus sportive. C’est un très bon score pour cette ville 19e au classement par population. La ville a prouvé à plusieurs reprises sa domination dans différents classements, mais cette position de leader peut toutefois sembler injustifiée au regard de son moins bon classement au tableau des centres sportifs indépendants.
  • En outre, Montpellier est aux portes du podium à chaque reprise, aussi aurait-elle de quoi revendiquer une place dans le trio de tête. Elle est à ce titre un exemple de répartition équilibrée entre un maillage territorial venant de la sphère public et un ancrage de structures sportives privées, comme nous l’évoquions déjà.
  • La place de deuxième occupée par Grenoble semble quant à elle légitime : systématiquement incluse dans la première moitié du tableau, Grenoble talonne de près Angers et ses concurrentes (avec 41,8 salles de sport pour 100,000 habitants) et semble être un candidat sérieux à la place de leader.
  • Paris, Nice et Marseille sont les mauvais élèves de ce classement. Elles ont en commun d’être toutes les trois des grandes villes en termes de population. Il est intéressant de voir que malgré sa large avance acquise de son classement au sein de la ligue des Big 7, Paris ne parvient pas à pointer en tête.

3. L’infographie qui illustre cette étude

4. Les tendances

  • Il y a une récurrence dans le classement avec quelques têtes d’affiche et à l’inverse, d’autres villes qui peinent à décoller:
    • Angers et Grenoble sont des villes qui consolident et confirment leur position en performant dans tous les domaines. Ces villes peuvent clamer leur forte propension à offrir un accès aux équipements sportifs en balayant toutes les franges et catégories de la population. Elles confirment ainsi leur capital fitness élevé et l’esprit sportif qu’il y règne. 
    • Montpellier et Le Mans dans une moindre mesure parviennent tout de même à maintenir le cap et rester dans la course comme elles le prouvent dans le classement final.
    • A l’inverse, Paris, Marseille, Nice et des villes de plus petite taille comme Strasbourg, peinent à se démarquer.

Comment expliquer ces positions?

Serait-ce qu’il règne véritablement un esprit sportif qui se traduit par une offre abondante dans certaines villes tandis que dans d’autres, cela n‘est pas la priorité? Difficile à dire, toutefois il ne faut pas ignorer certains biais méthodologiques qui pourraient influencer les résultats. 

Pour maigrir, une seule solution! Faire du sport régulièrementLe classement général montre aussi que dominer une catégorie ne garantit pas un siège à la table des leaders. On remarque que les villes qui occupent la première place dans chaque catégorie sont aussi celles qui sont plutôt mal classées dans les autres classements.

Cela signifie que les bons scores respectifs dans chacun des classements leur permet de gagner des positions fortes sans pour autant assoir leur leadership. Ces villes sortent du lot en un sens de par leur présence  – ou absence ! – là où on ne s’y attend pas: 

  • Bordeaux excelle avec les centres sportifs privés (25 pour 100,00 habitants) mais est mauvaise dans l’offre publique (13,1 centres sportifs publics pour 100,00 habitants);
  • Paris s’impose avec les Big 7 (2,2 clubs de sport pour 100,00 habitants) mais dégringole en bas du classement dans la visibilité des centres privés et indépendants sans doute écrasés par la surpuissance des mastodontes (8,5 centres de forme pour 100,00 habitants).
  • Reims caracole en tête du classement des centres sportifs publics (26,8 centres sportifs pour 100,00 habitants) contrastant avec le faible score enregistré auprès des centres indépendants (12,6 centres de fitness 100,00 habitants).

Faut-il y voir l’expression symptomatique d’une répartition public/privée inégale selon les villes, ou au contraire, une volonté active et savamment pensée de doser équitablement une offre sportive capable de répondre au besoin de la population ?

Cette logique se retrouve en effet dans d’autres villes ; aussi nous sommes en droit d’émettre l’hypothèse que, là où l’offre privée est fortement présente, l’offre publique se rétracte et inversement, l’offre publique vient volontairement compenser un manque quand l’offre privée semble déserter les villes .

Cependant, s’il y a une volonté active de répartir avec cohésion les deux types d’offre, peut-on supposer que les villes n’offrant pas assez de services sportifs publics pourraient l’augmenter malgré tout ? Sans doute que oui, mais cela porte la question sur le débat du coût social : qui doit payer la facture ?

Existe-t-il un lien avec le taux d’obésité?

La question que l’on peut se poser à ce stade est s’il existe une corrélation entre taux d’obésité dans une ville et sa capacité à rendre accessible un service fitness à la hauteur qui permettrait à ses habitants de ne pas se retrouver en surcharge pondérale.

être une ville sportive permet-il de rester mince?D’un coté cette hypothèses est confirmée. A titre d’exemple, Le Havre est la deuxième ville la plus obèse de France * , et au classement général occupe la 14e place des villes les plus sportives soit une mauvaise position, tout comme elle peine souvent à accéder en haut du tableau dans d’autres catégories.

Peut être que son bon résultat au classement de la concentration des équipements sportifs publics est le fait d’une volonté de politique publique à éradiquer ce phénomène.

Encore plus frappant ce constat l’est pour Strasbourg et Rennes, qui, n’accédant pas dans la première moitié du tableau de l’offre de service fitness, sont aussi des villes avec une surcharge pondérale élevée.

A l’inverse, Angers, un exemple en matière de répartition d’infrastructures sportives, et Bordeaux, dont le taux d’obésité est l’un des plus faibles, sont aussi exemplaire dans le domaine du poids santé en étant parmi les villes les plus minces de France.

Cependant, difficile de statuer sur une corrélation forte du point de vue scientifique. Paris a un taux d’obésité faible tout comme Toulouse, or elles accèdent rarement au haut du tableau de l’offre sportive. Quant à Grenoble et Montpellier, malgré leurs bonnes positions acquises dans le classement général, ont des taux de surcharge pondérale parmi les plus élevés. 

Au total, il y a une combinaison de facteurs qui viennent s’ajouter à la dimension de l’obésité, et le taux d’équipements sportifs d’une ville en est justement un au même titre que le nombre de restaurants rapides, de médecins, le niveau de revenu et des diplômes, le taux de chômage … Aussi, le lien entre être ville sportive et avoir un faible taux d’obésité n’est pas évident.

Ce classement de la concentration des centres sportifs par habitant est riche d’enseignement et nous permet de tirer une conclusion positive quant à la profusion exponentielle des centres de fitness, qui même provenant du secteur privé, sont rendus accessibles à de plus en plus d’individus du fait des tarifs bas pratiqués.

Les aménagements sportifs n’ont jamais été aussi abondants et accessibles géographiquement et financièrement. La concurrence a en cela de bien, permettre à certaines villes moyennes ou avec un rayonnement plus restreint de proposer des services sportifs larges et attractifs.

2 Comments

  1. Amélie
  2. Philippe Jaccarino

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